19 octobre 2009

eat a critter, feel its wrath

allô, allô.
je couvre mes yeux avec le dos de mes mains, pis y'a plein de numéros de téléphone sur mes paumes. je pense à m'inciser la ligne de vie pour y insérer des magic 8-balls qui te diraient bien plus que quatre vérités. je choisis plutôt sept chiffres au hasard pour texter des insanités à un inconnu. je vole les bonnes idées des autres, mais j'en ai des pas pires moi-même, ça compense, dans ma logique piratesque.

regarde-moi pas d'même, je sais que je sens bizarre. c'est le baume de tigre sur ma cheville gauche, tu comprends, j'tiens pas tant à marcher avec une jambe de bois, malgré tout.

ps: t'as oublié ton bonnet dans ma voiture.

02 octobre 2009

Tu reviendras à 16h.

Paraît que c'est indécent de garder sa chambre à coucher à 23°C durant le jour. C'est vrai que ça semble un gros luxe comparé à la céramique glaciale de la cuisine. Ça donne ça, n'avoir plus de sous-sol et une maison soulevée dans les airs, une maison qui tremble juste parce qu'on marche dedans. J'ai retrouvé des livres par terre. J'en parle parce que ça me dérange, parce que j'haïs ça ne jamais pouvoir dormir plus tard que 8h30 même les matins où je n'ai besoin d'être nulle part. J'haïs ça rentrer chez moi pour diner et réaliser que j'ai pas accès à l'intérieur, pis que j'ai pas d'endroit où aller, vraiment.

23 septembre 2009

«les bains ressemblent à des cercueils»

Le matin, je me fais réveiller par la sonnette qui résonne dix mille fois, comme quand les enfants sur un high de sucre en abusent. C'est juste un peu tôt encore pour ça, genre 8h30 le 23 septembre, c'est pas des petits clowns-sorcières-pirates, c'est des hommes casqués qui brisent la brique autour de la porte et des fenêtres aussi. C'est pour ça que j'ai des matins maintenant. Une chance que tu ne me parles plus, parce qu'avec ce non-choix de réveil tôt, j'aurais bin la peau gris zombie.

16 septembre 2009

J'suis pas une fleur

J'me dis qu'au moins, j'suis pas à quatre pattes en train de frotter le plancher avec des essuie-tout bruns et du Lysol. J'écoute pas Loft Story. J'ai des économies. Sauf que j'écris pas vraiment. J'rejoins personne. La fille qui a écrit les archives de mon premier blogue, j'la connais pas. Pourquoi elle pouvait faire ça, communiquer des morceaux de vrai, et ne pas étouffer? Pourtant, c'est elle qui avait des psychoses ménagères à quatre heures du matin, qui n'allait pas à ses cours, qui dessinait au lieu de parler. Reste qu'elle s'exprimait, un peu. Ses mots sonnaient plus vrais que les miens. C'est pour ça que j'aimerais ça, des fois, que ma couleur préférée soit le rose. Ça, et savoir répondre convenablement à «ce que je veux faire quand je serai grande» (i.e. maintenant, avec ma vie). Une chance que ça reste plus facile d'insérer un tout petit peu de vérité dans deux lignes que dans ce qui me semble beaucoup, même si pour tous, c'est pas grand chose, voire même rien pantoute.

14 septembre 2009

au fer rouge

se submerger dans une cuve de liquide en ébullition
avaler des tisons au déjeuner
agripper la structure métallique d'un immeuble en flammes
sortir du four, à mains nues, un plat carbonisé
rôtir en enfer et y prendre goût
avoir de la braise dans ses souliers
s'éteindre des cigarettes sur les bras
sentir la chair se détacher de l'ossature de son visage
inhaler l'odeur des cheveux qui s'envolent en fumée
s'allonger sur un lit de charbons ardents
s'arracher de soi et s'offrir à être jetée au brasier