10 avril 2009

La tag des livres, juste parce que c'est vendredi.

1. Coins cornés ou marque-page?
J'plie pas mes pages, je commence à peine à m'habituer à surligner dans mes livres. Mes signets sont souvent des post-it ou des papiers pris au hasard n'importe où.

2. Un livre en cadeau?
J'en donne seulement aux gens que je connais vraiment bien, quand je sais qu'ils aimeront ça. En recevoir, j'aime ça. Je lis plein d'affaires et ça me fait plaisir de découvrir ce que les autres pensent que j'aimerai.

3. Lis tu dans ton bain?
Non.

4. As-tu déjà penser écrire un livre?
J'y pense depuis longtemps, mais j'suis jamais-de-la-vie suffisamment disciplinée pour un projet de longue haleine. En novembre prochain, par contre, je vais me réessayer sérieusement pour le NaNoWriMo. Ça me mènera peut-être quelque part, qui sait?

5. Que penses-tu des séries de plusieurs romans?
J'en ai pas lu cent mille, séries, mais m'semble que souvent, un des livres est moins bon pis ça finit par casser le fun/beat. Malgré ça, si c'est une série que j'aime, j'vais lire quand même.

6. As-tu un livre culte?
Pas vraiment. Je suis volage dans mes amours littéraires. Le premier livre que je me souviens d'avoir lu et relu et rerelu, par contre, c'est Granulite de François Gravel. Faut croire que j'étais déjà une geek des mots, au primaire.

7. Aimes-tu relire?
Ouais. Quand j'aime, lire une seule fois, c'est insuffisant. C'est entre autres pour ça que j'aime acheter des livres.

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés?
J'y tiens pas particulièrement. Si ça adonne, peut-être, mais j'cours pas les Salons du Livre pour ça.

9. Aimes-tu parler de tes lectures?
Ça dépend avec qui. J'aime en parler avec des gens qui lisent et qui vont peut-être me suggérer des trucs, ou j'aime en parler quand c'est pertinent avec le sujet d'une discussion, mais j'achale pas les gens avec ça si je sais qu'ils n'en auront rien à cirer.

10. Comment choisis-tu tes livres?
Ça dépend. Évidemment, y'a les lectures universitaires obligatoires que je choisis pas, alors quand vient le temps de lire quelque chose pour moi, j'y vais selon ce que j'ai dans ma bibli et qui attend de (re)susciter mon intérêt. Je prends parfois les suggestions des gens. Des fois, aussi, je lis pour voir si un hype est justifié, eh.

11. Une lecture inavouable?
Twilight. Je sais, les Littéraires avec un grand L ne devraient pas lire ça. Whatever.

12. Des endroits préférés pour lire?
Dans mon lit, à la bibli de l'uni ou sur mon patio.

13. Un livre idéal pour toi serait…
Le Grand Livre de l'Awesomeness de la Vie. Ce serait plein d'anecdotes drôles/absurdes, d'histoires d'amour rocambolesques, d'aventures épiques de la vie de tous les jours, de dessins, de couleurs, de personnages plus grands que nature et ce serait awesome d'une couverture à l'autre.

14. Lire par dessus l’épaule?
Non. J'haïs qu'on lise par dessus la mienne, j'lis pas par dessus celle des autres. À part quand c'est Harry Potter et la Coupe de Feu, qu'on est en secondaire deux pis que c'est important de savoir le plus vite possible ce qui arrive.

15. TV, jeux vidéos ou livre?
Les trois. Ces temps-ci, les jeux vidéos arrivent bon dernier, derrière la télé, qui cède la première place aux livres, fin de session oblige.

16. Lire et manger?
Longtemps longtemps, j'ai lu en déjeunant. Je lis parfois sur mon heure de lunch, au travail.

17. Lire un livre électronique?
Bof. Faudrait que je sois abusivement motivée. À date, ça m'est pas arrivé.

18. Le livre vous tombe des mains, allez ou bout ou pas?
J'suis vraiment pas pire pour lutter contre le sommeil si une histoire en vaut la peine.

19. Qu’arrive-t-il à la page 100?
Des FOLIES, j'espère. (c'est quoi cette question?)

20. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?
J'vois pas pourquoi je donnerais un livre à quelqu'un que j'aime pas. Si c'est un livre que je déteste, j'imagine qu'il/elle l'aimerait, si je déteste cette personne. Ha.

09 avril 2009

Sorry, prise II.

«Y'a des jours ça tourne pas rond, c'est comme ça y'a pas de raison, tu connais la chanson...ça ira.»

Y'a des jours où les chansons de pubs de voitures ont raison.
Y'a des jours où, au contraire, on en trouve mille, des raisons pour lesquelles ça ne tourne pas rond.
On s'efforce quand même de rester polie. (parce que c'est plus simple comme ça)
On sourit. (un peu faux, mais qui remarquera?)
On s'éclipse quelques heures pour faire le plein de silence et de calme.
On se sent prisonnière d'une tempête qui n'est pas la nôtre et au coeur de laquelle tout le monde nous oublie.
Le soir venu, on a épuisé tous nos mots.
On voudrait être n'importe où et nulle part à la fois, on ne sait plus comment agir comme d'habitude, on aurait envie de fracasser des bibelots délicats sur tous les murs qui nous piègent.
On rejette la seule main qui nous a été tendue cette journée-là.
On pleure comme une enfant et on s'endort, épuisée, en s'efforçant de respirer normalement.

Le lendemain, y'a un soleil timide qui se pointe.
Les chats ronronnent, y'a du café, on se sent les idées étonnamment claires.
On se trouve ridicule, mais surtout...on ne sait pas trop comment s'excuser.

06 avril 2009

2H

On lui demande «L'as-tu vu?» et elle reconnait aussitôt ce «l» apostrophe-là. C'est le même pour toutes celles qui ont un lui, un celui-là, celui qui n'est pas censé être là mais qui lui bombe la stabilité à chacun de ses retours.

Pressée d'être pulvérisée, elle tourne le coin de la rue et il est là, assis dans ses escaliers, évidemment. Sa silhouette gagne en possession de son territoire. En le rejoignant, elle s'assure de maintenir entre eux une distance sécuritaire. Il ne lui fait pas la bise, mais il est lui, et il est là.

Il marche; elle orbite autour de lui.

Ils croisent un vieux chum, un buddy de hockey avec qui il jase des Canadiens, parce que c'est important.
Elle s'en fout.
Elle n'entend que sa voix.
Elle vibre à la moindre inflexion.
Le chummey accapare son attention et ça la vexe un peu. Puis, juste au moment où elle allait soupirer, il la regarde en continuant de s'adresser au chummey:

-On se voit pas, l'hiver. On se manque tout le temps. Je joue au hockey pour oublier ces yeux-là, pis au printemps, je me demande comment j'ai pu vivre sans!

Son coeur de guenille se substitue à ses rotules et on pourrait faire des tartes avec la rougeur de ses joues. Elle ose s'approcher, juste une seconde. Ses doigts effleurent les siens, familièrement, et c'est Hiroshima all over again.

01 avril 2009

À tous moments, n'importe quand.

Prendre un pari contre soi.
Douter que ça nous réussisse aussi bien qu'à cet inconnu.
Ne pas regarder L'année dernière à Marienbad.
Écrire dans le noir pour éviter de se fermer les yeux.
Se sentir comme Clov, immobile dans l'embrasure d'une porte.
Se savoir toujours là, bien qu'on nous pense ailleurs.

20 mars 2009

...

"She lives her life on an 8.
Her pain, on any given day, she lives at an 8 and [they don't] get that."

Elle a vécu sa vie à 8 assez longtemps pour avoir eu le dedans qui «crounche» en entendant ça. Elle sait que vivre à 8, c'est s'en câlisser que le printemps soit arrivé aujourd'hui. C'est prendre une douche juste pour pouvoir pleurer en paix dix minutes. C'est ne regarder personne dans les yeux parce qu'elle sait que la tempête se verrait dans son regard transparent. Passer tout droit aux feux rouges. Ne pas s'excuser quand on bouscule une inconnue. Oublier comment on respire sans une tonne de grisaille sur la poitrine. Avoir vaguement conscience de l'inquiétude des autres sans trouver l'énergie de s'en soucier vraiment.

C'est rester suffisamment lucide pour ne pas passer ses journées étendue sur le carrelage de la cuisine. Continuer d'aller travailler, pour le jour où le 8 passera à 9 ou à 10 et où elle aura besoin de cet argent pour foutre le camp.

Avoir vécu à 8 assez longtemps, c'est savoir qu'elle ferait l'impossible pour éviter d'avoir à s'en relever une deuxième fois. C'est craindre l'ombre qui plane sur les journées où elle atteint le 8 à nouveau. Apprendre à s'exprimer et à ne plus se taire devant la noirceur.

C'est savoir aujourd'hui que vivre, c'est autre chose que ce 8 qu'elle a trop longtemps confondu avec un symbole d'infini.